La Bible

Livre de Job, chapitre 15

Eliphaz compare Job à un méchant

 
Ps 51, 7 Voici, je suis né dans l'iniquité, Et ma mère m'a conçu dans le péché.
[1] Éliphaz de Théman prit la parole et dit : [2] Le sage répond-il par un vain savoir ? Se gonfle-t-il la poitrine du vent d'orient ? [3] Est-ce par d'inutiles propos qu'il se défend ? Est-ce par des discours qui ne servent à rien ? [4] Toi, tu détruis même la crainte de Dieu, Tu anéantis tout mouvement de piété devant Dieu. [5] Ton iniquité dirige ta bouche, Et tu prends le langage des hommes rusés. [6] Ce n'est pas moi, c'est ta bouche qui te condamne. Ce sont tes lèvres qui déposent contre toi. [7] Es-tu né le premier des hommes ? As-tu été enfanté avant les collines ? [8] As-tu reçu les confidences de Dieu ? As-tu dérobé la sagesse à ton profit ? [9] Que sais-tu que nous ne sachions pas ? Quelle connaissance as-tu que nous n'ayons pas ? [10] Il y a parmi nous des cheveux blancs, des vieillards, Plus riches de jours que ton père. [11] Tiens-tu pour peu de chose les consolations de Dieu, Et les paroles qui doucement se font entendre à toi ?... [12] Où ton cœur t'entraîne-t-il, Et que signifie ce roulement de tes yeux ? [13] Quoi ! c'est contre Dieu que tu tournes ta colère Et que ta bouche exhale de pareils discours ! [14] Qu'est-ce que l'homme, pour qu'il soit pur ? Celui qui est né de la femme peut-il être juste ? [15] Si Dieu n'a pas confiance en ses saints, Si les cieux ne sont pas purs devant lui, [16] Combien moins l'être abominable et pervers, L'homme qui boit l'iniquité comme l'eau ! [17] Je vais te parler, écoute-moi ! Je raconterai ce que j'ai vu, [18] Ce que les sages ont fait connaître, Ce qu'ils ont révélé, l'ayant appris de leurs pères. [19] A eux seuls appartenait le pays, Et parmi eux nul étranger n'était encore venu. [20] Le méchant passe dans l'angoisse tous les jours de sa vie, Toutes les années qui sont le partage de l'impie. [21] La voix de la terreur retentit à ses oreilles ; Au sein de la paix, le dévastateur va fondre sur lui ; [22] Il n'espère pas échapper aux ténèbres, Il voit l'épée qui le menace ; [23] Il court çà et là pour chercher du pain, Il sait que le jour des ténèbres l'attend. [24] La détresse et l'angoisse l'épouvantent, Elles l'assaillent comme un roi prêt à combattre ; [25] Car il a levé la main contre Dieu, Il a bravé le Tout Puissant, [26] Il a eu l'audace de courir à lui Sous le dos épais de ses boucliers. [27] Il avait le visage couvert de graisse, Les flancs chargés d'embonpoint ; [28] Et il habite des villes détruites, Des maisons abandonnées, Sur le point de tomber en ruines. [29] Il ne s'enrichira plus, sa fortune ne se relèvera pas, Sa prospérité ne s'étendra plus sur la terre. [30] Il ne pourra se dérober aux ténèbres, La flamme consumera ses rejetons, Et Dieu le fera périr par le souffle de sa bouche. [31] S'il a confiance dans le mal, il se trompe, Car le mal sera sa récompense. [32] Elle arrivera avant le terme de ses jours, Et son rameau ne verdira plus. [33] Il sera comme une vigne dépouillée de ses fruits encore verts, Comme un olivier dont on a fait tomber les fleurs. [34] La maison de l'impie deviendra stérile, Et le feu dévorera la tente de l'homme corrompu. [35] Il conçoit le mal et il enfante le mal, Il mûrit dans son sein des fruits qui le trompent.
Job 14 - Job 16
 
 

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